Art | Affaires : un mariage tumultueux?

Pour illustrer la finesse du MacBook Air, Apple achète les droits de la chanson de Yaël Naïm «New Soul ». Résultat? Yaël Naïm fait un tabac avec plus d’un million de titres unitaires vendus  sur  iTunes et  Apple vend des millions de portables…

 

L’artiste se serait-elle mariée avec le diable?

Mes recherches m’ont conduit à d’autres statistiques intéressantes sur cette histoire : 4,6 millions de personnes ont déjà vu le clip de la chanteuse, la pub a attiré près d’un million de curieux. Le titre s’est classé dans le Top Ten du Billboard, avec une 9e place aux États-Unis. Sur iTunes Store, la chanson est la 8e plus populaire. L’artiste est désormais une star et enchaîne les apparitions télé. Un cas d’exception, direz-vous. Oui, bien sûr. Rares sont les artistes qui font des millions, bien au contraire, et ce n’est pas toujours le but… mais cette relation Art|Affaires, parfois ambiguë, est bien souvent nécessaire ou à tout le moins importante pour l’artiste. L’art et l’argent entretiennent depuis des lustres des rapports complexes; l’artiste tente de garder cet équilibre si fragile entre création et rentabilité.

 

Artiste et entreprise : pour le meilleur ou pour le pire?

 

Dans le même esprit, mais à plus petite échelle, l’histoire de Sybiline, peintre et illustratrice de littérature historique et fantastique, est convaincante. Celle qui a occupé un poste de fonctionnaire au gouvernement pendant neuf ans, réussit à vivre de son art grâce à la relation qu’elle entretient avec de grandes maisons d’édition, une douzaine, dont Soulières, VLB, Trampoline, Hurtubise, Librex, LÉR, Boomerang. À la suite de sa participation au programme Jeunes volontaires d’Emploi-Québec qui lui a permis de faire le tour du Québec avec une exposition, elle décide de faire le grand saut et abandonne un emploi stable pour se lancer en affaires. Supportée par le CLD de son territoire pendant un an, elle multiplie les actions, un véritable marathon, admet-elle, pour attirer l’attention des éditeurs et des gens d’affaires. C’est Soulières qui lui donnera sa première chance. Cette première commande lui donne l’opportunité de se faire connaître et de séduire du même coup d’autres éditeurs. Ce contrat lui permet de monter son portfolio, d’obtenir des redevances et des références, en plus d’une visibilité considérable (librairies, catalogues d’éditeur, Internet). La demande s’intensifie, les médiums se multiplient : en plus de l’illustration de livres, elle crée aussi des affiches pour le théâtre, des pochettes de disques et peint des portraits sur commande. Sybiline souligne : « Je travaille en totale liberté, sans autre contrainte que celle imposée par l’histoire. Je suis parfaitement heureuse avec mon choix. Les compromis, je les ai faits lorsque je travaillais comme fonctionnaire. Maintenant, j’apprécie ma qualité de vie gagnée en investissant dans mon art. »

 

Le choc des valeurs

 

A priori, Art et Affaires s’opposent dans leurs valeurs. D’un côté, l’art incarne la création, l’authenticité, la valeur artistique; de l’autre, les affaires incarnent la rentabilité, la consommation, la valeur marchande. Mais au-delà de ces rapports complexes, Art et Affaires ont tout intérêt à créer des liens solides. L’art a un coût (en matériel, en diffusion) et l’artiste, qui bien souvent cumule les rôles d’entrepreneur, de producteur et de vendeur, a besoin d’appui pour se faire connaître.

 

Opération séduction

 

Culture Mauricie et la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières désirent s’engager dans un mariage fructueux. Un 5 à 7 qui réunira les membres des deux organisations aura lieu le 26 mai prochain. Visitez le site de Culture Mauricie pour tous les détails sur cette nouvelle union!